« Yoga », Emmanuel Carrère, RL2015, P.O.L.

Je n’aime pas le yoga, la méditation m’agace, la spiritualité me fait lever les yeux au ciel, les livres autocentrés me font fuir.

Inutile de dire que voir « Yoga » dans les Goncourables m’a plus que refroidie. C’est donc le premier que j’ai pris à la bibliothèque en septembre (histoire de me débarrasser), et le premier que j’ai abandonné après 60 pages autour du yoga.

Devant le passer assez vite aux autres membres du club, j’ai quand même voulu savoir… j’ai sauté la première partie…

Et là, j’ai plongé. Plongé dans l’enfer. L’enfer de la folie, de la dépression, de la souffrance ultime de vivre.

Trop touchée pour le lire dans l’urgence, je l’ai rendu et suis allée l’acheter. Mais non!! Mais si…

Il faut s’appeler Emmanuel Carrère pour raconter avec autant de véracité ce que ressent un bipolaire en phase dépressive. Raconter tous ces détails qui le raccrochent à la vie, raconter ces personnes de valeur qu’il rencontre pour continuer d’aimer, raconter la lente remontée des enfers que fait celui qui a réussi à ne pas se pendre ou se jeter sous un train pour éteindre la douleur.

Tout dans ce que dit Emmanuel Carrère dans ce livre a une valeur universelle, tout est transposable à notre quotidien de malade dépressif ou d’enfant, parent, partenaire de malade dépressif. On a parlé de livre narcissique, autocentré. Je m’insurge. Ce livre c’est notre société.

Je l’ai relu tranquillement du début à la fin, savourant la fluidité du récit, chaque anecdote, les rencontres, les dizaines de petites réflexions si justes et si touchantes.

Il a ouvert mon bal des goncourables, un bal splendide, littéraire, haut de gamme. Il le referme en beauté.

Ce roman n’est plus sélectionné́ pour le Goncourt, mais l’est pour les lycéens et Dinan. grand et élévateur. croître

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2 comments On « Yoga », Emmanuel Carrère, RL2015, P.O.L.

  • Je trouve Carrère excellent, autocentré oui ! mais c’est dans l’intime qu’un romancier nous touche il me semble. Il est vrai que je l’ai lu et découvert sans le connaitre en lisant « La classe de neige » une horreur (prix Femina 1995) je n’ai plus voulu le lire pendant 10 ans ! Ensuite j’ai lu toute sa production ou presque, Un auteur peut se chercher et enfin se trouver et nous trouver. 🙂

    • Certain.es savent jouer avec l’autocentré et sont bon.ne.s dedans. Je pense à Tesson, Houellebecq, Despentes… C’est exactement ça: leur vision de l’intime est universelle.
      Je vais me pencher sur sa bibliographie.

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