« Les impatientes », Djaïli Amadou Amal, RL2020, Éditions Emmanuelle Collas

Au Cameroun, dans la communauté peule ultra-traditionaliste, aux croyances musulmanes archaïques, Ramla essaye de trouver sa place de jeune fille. Elle aime apprendre, souhaite devenir pharmacienne. Ramla aime aussi sa mère, en proie aux coups bas permanents des autres épouses de son mari. Elle vit dans une « concession » avec son père, ses oncles, leurs trois ou quatre femmes chacun, leurs dizaines d’enfants. La hiérarchie y est sévère et d’un autre temps.

Quand elle accepte enfin de se marier, avec un homme moderne, étudiant, qui acceptera qu’elle continue ses études, on décide du jour au lendemain de la marier à un autre homme de 20 ans son ainé.

« Je n’ai pas pleuré. Je n’ai pas riposté. J’étais déjà morte à l’intérieur. »

Parce que Ramla sait qu’il n’y a rien à faire. On inculque dès le plus jeune âge à ces femmes, Ramla, Hindou, Safira qui racontent aussi leur version, à se soumettre, à se taire, à attendre.

Elles sont si impatientes de vivre pourtant ces femmes.

Je n’ai pas apprécié ce roman pour ses qualités littéraires (très sobres) mais pour ce qu’il véhicule.

À l’heure où une grande partie des associations féministes nous abreuvent de femmes voilées « par choix », ce livre nous rappelle toutes celles qui sont enfermées et ne pourront jamais témoigner de leur enfermement sur les réseaux, dans des livres, dans des articles de journaux.

Djaïli Amadou Amal leur a donné la parole. Elle sait de quoi elle parle.

Ce livre est un crève-cœur indispensable.

Ce roman est finaliste du Goncourt. Il n’a pas l’envergure littéraire d’autres romans de la sélection qui viennent d’être évincés mais sa présence est un message fort.

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