«Zabel», Aysel Yıldırım & Duygu Dalyanoğlu, 2020, Kontr Éditions

Zabel sur scène est seule face à l’enquêtrice de police soviétique. Celle-ci cherche à lui faire avouer sa propagande anti-stalinienne.
Nous sommes en 1937 et Zabel Essayan, après une vie de combats, vient d’être arrêtée en Arménie soviétique où elle habite depuis quatre ans.

Pour se donner du courage, Zabel évoque ses souvenirs d’enfance, et les femmes qui ont compté pour elle entrent sur scène, lui font revivre des moments importants de sa vie.

Sa naissance, sa petite enfance, ses amies, les massacres d’Arméniens à Adana, sa fuite d’Istanbul.

Les luttes justes que Zabel a toujours menées l’aident à supporter l’interrogatoire et à ne pas avouer un crime qu’elle n’a pas commis.

Je découvre une grande figure intellectuelle arménienne grâce à cette pièce de théâtre.
On sent dans le texte toute la force de cette femme et des combats qui l’ont portée.

Quand on sait à quoi elle a échappé en fuyant la Turquie en 1914, on ne peut que se lamenter qu’elle ait fini entre les mains des tortionnaires staliniens.

La pièce est remarquablement écrite et construite par les deux autrices qui sont également comédiennes dans la troupe qui monte la pièce.
J’ai apprécié les mots arméniens qui parsèment le texte.

Comme en France, des femmes turques d’aujourd’hui écrivent sur des femmes d’hier que l’histoire a tenté d’effacer.

J’espère qu’un jour cette pièce sera jouée ici, en France, et que j’aurai l’occasion de la voir.

En attendant, je vous conseille la lecture du texte, engagé dans tous les sens du terme.
Lire du théâtre est quelque chose que l’on fait peu et on a tort.

Qu'en dites vous ?

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