«Triple zéro», Madeleine Watts, 2022, Rue de l’échiquier

Je suis partie en Australie avec une jeune femme en perdition…

La narratrice finit ses études littéraires et rien ne se dessine devant elle. L’avenir est un grand flou, où alors un temps à ne surtout pas approcher.

Sa vie ne semble être que de mauvais moments passés sur Terre.

Une enfance gâchée par un père colérique et violent, une histoire d’amour qui se finit par un avortement seule dans une clinique de Sydney, une Australie toujours plus chaude et plus en feu chaque année.

Elle trouve un job au centre d’appel du triple zéro pour essayer de joindre les deux bouts financièrement.

Mais au fil des appels en détresse qu’elle doit orienter vers la police, le Samu ou les pompiers, elle est de plus en plus confrontée à la tragédie humaine et au drame écologique.

Elle écrit, voit quelques copines, renoue avec son copain, couche avec quantité d’hommes et sombre dans l’alcool…

De jeunes adultes qui se perdent un peu avant la trentaine, il y en a toujours eu. La différence aujourd’hui, et c’est un parallèle que Madeleine Watts fait admirablement, c’est que les jeunes et les jeunes femmes particulièrement, souffrent dans leur corps autant que dans leur Terre.

La vulnérabilité des jeunes s’aggrave avec la masse de catastrophes qui s’accumulent. On parle d’écoanxiété.

L’Australie, avec ses mégafeux et ses inondations, est particulièrement touchée, et on comprend bien que la jeunesse a perdu son insouciance.

D’autres qualités sont présentent dans ce roman: la description des paysages, la partie historique sur la colonisation, la plume et l’empathie que l’autrice nous fait ressentir pour cette jeune femme.

C’était une lecture captivante.

Cet été, je suis partie en Australie…

Trad. Brice Matthieussent

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