« Tous, sauf moi », Francesca Melandri, 2019, Gallimard

Ilaria, professeure engagée, trouve un soir, sur le palier de son appartement romain, un jeune éthiopien prétendant être son neveu. Il serait, d’après lui, le petit fils du père d’Ilaria, Attilio Profeti.

Ce ne serait pas la première fois que leur père aurait caché une autre famille à sa famille officielle.

Ne pouvant compter sur les explications de son père, âgé de 95 ans et sénile, Ilaria va se lancer dans une enquête sur l’histoire de sa famille, se transformant très vite en enquête sur l’histoire de l’Italie, qui porte un terrible passé de racisme et de violence.

En remontant jusqu’à la naissance de son père, Ilaria va découvrir les thèses scientifiques racistes, le soutien massif des Italiens à Mussolini et aux chemises noires, les exactions et massacres en Éthiopie, les viols, les lois raciales, le soutien des dictatures dans les anciennes colonies, la confirmation de cette tendance raciste avec l’élection de Berlusconi, la sélection des migrants par la couleur de leur peau…

Son père, dans cette histoire, s’est montré honteusement actif et opportuniste.

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Le succès de ce roman, sorti en 2017 en Italie, n’est pas surprenant tant l’histoire, extrêmement riche et documentée, fait le lien entre ce lourd passé colonial et la vague d’immigration actuelle que subit l’Europe.

La construction du récit et l’accumulation abondante de petites histoires dans l’histoire familiale et celle de l’Italie, découragera plus d’un lecteur.

En effet, la trame narrative est déroutante, puisqu’elle est faite d’aller-retours permanents entre présent et passé, s’enfonçant de plus en plus dans l’histoire, jusqu’à arriver à 14-18

Chaque période foisonne de beaucoup (trop) d’histoires et d’anecdotes qui tantôt apportent des pièces au puzzle, tantôt déroutent voire lassent.

La plume de l’autrice est descriptive et analytique, dénuée d’émotion et de jugement, mais reste agréable à lire.

Je ne regrette pas les heures pénibles de concentration sur ce pavé de 560 pages, tant je sors riche d’une histoire, qui en tant qu’Européenne me concerne, mais le roman aurait mérité un « nettoyage » pour être plus accessible.

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