« Thoreau et moi », Cédric Taling, 2019, Rue de l’échiquier

Cédric est habité par les réflexions de Henri David Thoreau au bord du lac Walden. Lui aussi, comme Walden, étouffe, ne se retrouve plus, rêve de changement, de minimalisme. La vie citadine n’est qu’un pis-aller, les gestes pour sortir du consumérisme, des pansements sur des jambes de bois.

L’angoisse monte, alimentée par les prédictions alarmantes et alarmistes. L’humiliation cingle, crachée par les nombrilistes du tout plaisir/tout confort.

Comment trouver sa place dans un monde où l’on ne se reconnait pas? Quels changements progressifs, radicaux, opérer?

Cédric et sa compagne ont bien une idée. Une idée finalement pas si insurmontable, pas si différente de celle de Thoreau.

J’ai alterné la lecture de « Walden »  et de « Thoreau et moi ».

Comme je me suis reconnue dans ces lectures! Je n’ai pas encore fini Walden, qui demande beaucoup de concentration et de lecture réflexive, mais la BD de Cédric Taling est parfaite pour aborder cette prise de conscience qui n’a pas pris une ride.

Thoreau a eu certainement peu d’impact il y a 170 ans, tant sa démarche devait paraitre celle d’un hurluberlu à une époque où le progrès mettait fin à la dureté de la vie. Je pensais lire du « Nature writing ». C’est tellement plus que ça!

Aujourd’hui, nous sommes plus nombreux à vouloir notre Walden, mais nous sommes toujours bien mal qualifiés par nos politiques et médias: « Ayatollah de l’écologie », « Amishs du progrès », bobos à la mode, végans et protecteurs des animaux massacreurs de l’emploi…

J’ai trouvé mon Walden il y a 10 ans, et même si je suis loin d’en avoir fait ce que je rêve d’en faire, n’ayant jamais prétendue être parfaite, ma vie me correspond mieux. Je m’accommode des quolibets et regards méprisants.

Ce qui est sûr, c’est que mes lectures ont changé et mes découvertes me confortent dans ma réflexion, comme cette excellente BD ou cette superbe maison d’édition engagée, au catalogue incroyable.

Je vous ai déjà présenté « Recyclage, le grand enfumage » et « Carnage« .

On peut tous (essayer de) changer.

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