« Octobre Liban », Camille Ammoun, 2020, Éditions Inculte

Mois de la littérature libanaise

Quatre-vingt-seize. C’est le nombre de pages qu’il faut à Camille Ammoun pour écrire cette rue parallèle au port qui part d’une gigantesque décharge à ciel ouvert et finit dans le « centre-vide » de Beyrouth.

Quatre. C’est le nombre de kilomètres sur lesquels s’étalent l’incompétence, le vol, le mépris du pouvoir libanais.

Dix-sept. C’est le quantième du mois d’octobre de l’année 2019 où commence la révolution au Liban. Mais ce ne sont pas des Druzes, des Maronites, des Chiites… ce sont des femmes, des artisans, des musiciens, des activistes de l’environnement… enfin la société civile qui est dans la rue. La fin de l’oligarchie archaïque est hurlée, poing levé, par « les gens ». TOUS VEUT DIRE TOUS.

Cent-cinquante-et-un. C’est le nombre de jours que durera cette révolution. Un virus, un confinement mettront fin à la vie dans cette rue. Tahoura vs Corona. Un deuxième ennemi s’est greffé au premier.

Cent. C’est le nombre d’années qu’a ce pays. Mais au lieu de fêter ce centenaire en grande pompe, c’est son effondrement que l’on fête. Guerre civile pour défendre sa religion et pouvoirs politiques mafieux se sont chargés de mettre le Liban à genoux.

Deux-mille-sept-cent-cinquante. C’est le nombre de tonnes de nitrate d’ammonium qui finiront de mettre la ville à terre.

Cet essai court, mais dense, n’est pas qu’un constat, une immense critique ou une longue complainte.

Il propose des solutions. Les solutions qu’il propose je les connais bien. Je les défends au quotidien, les enseigne, les partage sur les réseaux : séparation du religieux et du judiciaire, du législatif et de l’exécutif; liberté de la presse; enseignement de l’Histoire; égalité hommes femmes; infrastructures publiques; féminisme et écologie au cœur du projet.

J’ajouterais droit à l’enseignement gratuit, public et laïc avec des enseignants de qualité.

Il faut avoir un peu de connaissances pour aborder cet essai. Il est dense, très bien écrit, mais s’adresse à un public un peu averti.

À lire !

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