«Miss Island», Audur Ava Ólafsdóttir, RL2019, Éditions Zulma

Hekla est né 40 ans trop tôt dans ce pays conservateur et misogyne qu’est l’Islande dans les années 60. Elle étouffe, elle brûle d’impatience, comme le nom de ce volcan qu’elle porte.

Elle aime la littérature et la poésie, ne vit que pour écrire, mais tout ce qu’on lui propose est de devenir Miss Island qui défilera en maillot de bain et montrera qu’elle sait rempoter des plantes.

Elle refuse aussi ce rôle de mère de famille que vient d’endosser Ísey, sa meilleure amie, qui meurt d’ennui, se cache pour écrire et se demande comment elle tiendra toute une vie.

Avec Jón John, son ami de toujours, homosexuel régulièrement battu, ils n’ont pas leur place dans ce pays étriqué.

Et ailleurs ?

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Une ode au féminisme, à la liberté et à l’égalité sexuelles, ce roman est une petite merveille venue d’Islande et des éditions Zulma.

L’autrice, avec un regard d’apparence détaché qu’elle prête à Hekla, en dit plus que beaucoup de discours sur le combat des femmes pour exister, des hommes pour avoir le droit d’aimer d’autres hommes et du sexisme virale qui continue de gangréner nos sociétés.

L’amitié qui se tisse en fond entre ces trois êtres en souffrance est d’une tendresse remarquable.

J’étais tombée amoureuse de Rosa Candida en 2015 et je suis toujours sous le charme de la plume d’Audur Ava Ólafsdóttir.

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Le roman vient d’obtenir le prix Femina 2019 du roman étranger.

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