« L’ordre du jour », Éric Vuillard, 2017, Acte Sud

Nous voici face à un récit bien étrange… 

Ouverture: la réunion du 20 février 33 des grands patrons de l’Allemagne qui permettent le financement et l’élection du parti nazi.

On passe ensuite à la rencontre entre l’aristocrate Halifax et ce beauf de Goering.

Puis l’Anschluss, où Éric Vuillard relate avec quelle facilité tout le monde, et surtout les Autrichiens, s’est plié aux exigences d’Hitler, alors que celui-ci possède une artillerie lourde au trois-quarts défectueuse.

Petit détour ensuite à Hollywood, dans les locaux d’un accessoiristes juifs qui, ironie du sort, cire les bottes des (costumes) nazis.

On dîne chez Chamberlain, avec Churchill, qui se font outrageusement manipuler par Ribbentrop, ambassadeur allemand, alors que l’Anschluss est en cours.

On finit sur nos 24 grands patrons allemands qui se sont servis en main-d’œuvre dans les camps, récompense de leurs généreux dons de 1933.

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Bon. Ok. Beaucoup de sarcasme. Une plume agréable et très littéraire. Un vocabulaire soutenu et enrichissant.

Mais quel lien tout ça?

Un petit coup de moral parce qu’on lave notre vaisselle avec Siemens, boit notre café avec Krups ou alimente notre horloge de cuisine avec Varta?

Bon sang, on est au XXIe siècle!!

Parce que l’Université de Saint-Louis aux États-Unis a engagé Schuschnigg, ce petit dictateur autrichien, comme professeur après la guerre.

Parce que les Autrichiens qui se voient sur les photos d’époque devraient avoir honte d’avoir acclamé l’entrée des nazis dans leur pays?

Bon sang, on est au XXIe siècle!! (bis)

Un Goncourt 2017 pas très fouillé sur la « honte » de l’histoire internationale: 150 pages d’anecdotes historiques, de survol, sans lien réel, qui font bien pâle figure comparés aux centaines de documents exemplaires sur le sujet.

Et cette année-là, il y avait l’excellent Bakhita de Véronique Olmi sur la liste du Goncourt…

Qu'en dites vous ?

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