«L’hibiscus pourpre», Chimamanda Ngozi Adichie, 2004

Kambili, Jaja et leur mère vivent sous la coupe de leur père, aussi violent que bon, aussi fanatique catholique que généreux.
Kambili n’aspire qu’à lui plaire, à le rendre fier et, si elle redoute la douleur de ses coups qu’elle subit depuis quinze ans, elle les accepte aussi, comme une rédemption salvatrice que lui offre son père.

Sa tante Ifeoma parvient à prendre Kambili et Jaja quelques jours chez elle. Elle comprend ce que vivent son neveu et sa nièce dans leur vie parfaite, riche et aseptisée.
Jaja et Kambili vont eux découvrir un autre monde chez leur tante: la pauvreté, les privations, les rires, les discussions et la possibilité de croire en Dieu d’une autre manière que celle de leur père.

Leur univers se fendille jusqu’à se briser.

Ce roman vient de rentrer dans mon palmarès des plus forts et magnifiques que j’ai lus.
Chimamanda Ngozi Adichie est l’une des meilleures conteuses contemporaines, si ce n’est LA meilleure.

À travers le parcours initiatique de Kambili, l’autrice offre un incroyable voyage au Nigéria, beaucoup plus intimiste que dans L’autre moitié du soleil ou Americanah et pourtant très politisé aussi.

Les personnages, tous très brossés, offrent des points de vue piquants sur les missionnaires colonialistes, l’effacement des traditions au profit des cultures des blancs et les aberrations de la religion catholique.
Elle y fait débattre de manière dépassionnée fanatisme, tolérance, amour serein de Dieu et agnosticisme.

Le Nigéria n’est pas épargné: sa corruption, sa violence, sa misère, mais elle y porte un regard aussi très indulgent.

Encore dans ce roman, on sent, on mange, on touche, on voit tout ce que ce pays apporte de beauté sensorielle.

C’est aussi un terrifiant récit sur l’emprise, où la sororité, la force des femmes se déploient pour la rompre.

J’ai dévoré ce roman et je quitte Kambili, Jaja, leur mère, Ifeoma et ses enfants, Pere Amadi et le Nigéria avec beaucoup de tendre tristesse.

Vous aimerez, j’en suis sure! 

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