« L’extase du selfie », Philippe Delerm, 2019, Seuil

Ce recueil, c’est le détail d’un geste ou d’une posture, la finesse d’une habitude ou la lourdeur d’un mouvement, l’universalité de certains comportements ou leur futilité.

Philippe Delerm est passé maitre dans l’art de décrire l’instant. Il décortique, avec un langage très poétique, ces petits gestes du quotidien, observables chez Monsieur et Madame Toutlemonde, très révélateurs de notre personnalité.

Il y a une musicalité dans les mots de Delerm, un don à trouver de la poésie là où à priori il n’y en a aucune: alors que pour nous un caddie est moche, lourd, souvent défectueux et synonyme de contrainte hebdomadaire, pour Philippe Delerm, « Le caddie est à la fois docile et rétif, son large empattement, ses amples proportions appellent une consommation abondante et facile. » 

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Je n’ai pas retrouvé le plaisir nostalgique de « La première gorgée de bière », bijou littéraire dévoré il y a quinze ans, et si souvent relu, mais j’ai très vite arrêté de le chercher, de peur d’être déçue, de ne pas savourer ma lecture.

J’ai donc picoté ces instants gestuels au fil des jours, comme on lirait des poèmes. Certains m’ont gardée à distance, certains ont tapé dans le mille.

L’emploi du « on » voudrait faire de ces gestes des instantanés universels. Il n’en est rien. Ces 47 textes sont formidablement subjectifs.

Étrangement, moi qui ai rarement joué à la pétanque, c’est « La sagesse du pointeur » qui m’a le plus touchée parce qu’il a réveillé des souvenirs d’enfance, des odeurs du midi, la chaleur du village de mes grands-parents, où les tournois de pétanque occupaient quotidiennement cette France d’un autre temps.

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