Les Presque Sœurs – Cloé Korman – sélection Goncourt 2022

La plus âgée a 13 ans, la plus jeune vient de naître. Toutes les sept sont juives, orphelines: un des pères se cache en zone libre et quelques mois plus tard, l’autre père et les deux mères sont arrêtés, internés, gazés.
On a procédé par étape, tout était planifié et organisé: les parents d’abord, les enfants ensuite.

Alors ces petites filles, comme des milliers d’autres enfants, restent en France, orphelines, en attendant que leur sort soit scellé, trimballées de camps en centre de tri, de centre de tri en foyers, de foyers à Drancy, de Drancy à Auschwitz.

Ces deux années d’errance entre les mains des adultes qui décident de leur destinée vont permettre aux filles de devenir des presque sœurs.
Elles se retrouvent autour du bébé, première petite fille sauvée, puis dans le camp de Beaune-la-Rolande où elles échappent aux maladies, à la folie et l’inanition.
Elles sont ensuite envoyées à Paris et assistent aux rafles ponctuelles de leurs camarades d’infortune jusqu’au jour où leur tour arrive.

Cloé Korman, sous l’impulsion de sa sœur, retrouve la trace de ces petites filles. Trois d’entre elles sont ses petites cousines assassinées. Les trois autres étaient leurs amies.

L’autrice explore Paris, ces lieux oubliés où ont été parqués ces enfants en transit et passe beaucoup de temps avec Andrée, une des sœurs qui se souvient de tant de choses.

Ce récit est magnifique, bouleversant et très bien écrit. Il vous faudra prendre des notes sur les 50 premières pages pour ne pas vous perdre dans les noms, les dates et les liens de parenté, mais rien d’insurmontable et surtout indispensable car cette enquête c’est LE récit des enfants.

À travers ses cousines, Cloé Korman raconte tous les enfants. Qu’a-t-on fait d’eux pendant ces longs mois? Qui les gardait? Comment étaient-ils convoyés ? La partie historique est indispensable et dramatiquement captivante.

J’ai quitté ces petites filles avec tristesse et je suis nostalgique de leur présence. Comme tous les récits de la Shoah, je le garderai précieusement en moi.

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