«Les cœurs endurcis», Martyna Bunda, 2022, Éditions Noir sur Blanc

Trois sœurs grandissent dans une Pologne ravagée par la guerre, puis deviennent adultes à l’ère communiste, connaissant les pénuries, la censure, les arrestations sommaires et la corruption.

Leur mère, Rozela, née d’une fille-mère, était la honte de son village de Cachoubie.
Elle veut donc faire les choses bien, ne jamais se plaindre, tenir la baraque d’une main de maîtresse, et élever ses filles avec autorité et droiture.

Chacune des filles va s’endurcir, se rebeller ou se plier, mais toujours aller de l’avant dans leur petit monde hostile où les hommes ne sont pas toujours à la hauteur.

Dans cette dure vie, c’est le retour au giron maternelle, sur La Colline-aux-Vierges, qu’elles reprendront des forces et soutiendront Rozella quand les horreurs vécues pendant la guerre referont surface.

Ce roman est une plongée dans un univers que nous ne croisons pas souvent dans le paysage littéraire français et quel plaisir que cette découverte!
Je n’avais jamais rien lu sur la paysannerie polonaise et je me suis régalée de cette saga familiale, malgré la dureté de leurs vies.

On ne peut s’empêcher d’admirer leur force de caractère et l’amour qui finalement s’écoule de leurs cœurs endurcis.

La plume de l’autrice est admirable, fluide et littéraire. Le roman est construit entièrement avec les quatre voix des sœurs et de la mère qui s’alternent en se passant le relai de la narration comme une bobine de fil qui se déroule pour découvrir l’histoire de cette famille.

Le ton est tragi-comique, écrit avec une énergie jouissive, qui en ferait presque oublier la noirceur de cette période de la Pologne.

Un premier roman très réussi que je conseille vivement!

Martyna Bunda est traduite par Caroline Raszka-Dewez

2 comments On «Les cœurs endurcis», Martyna Bunda, 2022, Éditions Noir sur Blanc

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