“Le voyant d’Etampes”, Abel Quentin

“Le voyant d’Étampes”, Abel Quentin, 2021, L’Observatoire

Roscoff, un universitaire à la retraite, soigne son vague à l’âme en rouvrant une de ses vieilles recherches sur un poète américain oublié.

Il en tire un essai qu’il a du mal à faire publier, mais quelques jours après la parution du livre, alors qu’il aurait dû passer complètement inaperçu, une polémique enfle sur les réseaux sociaux autour de l’ouvrage.

Roscoff est accusé d’appropriation culturelle, de négationniste, de racisme. Lui, le vieux boomer blanc, ancien de SOS racisme, aurait viré partisan du déni identitaire.

Tout allait mal dans la vie de ce sexagénaire au bord du gouffre. La vindicte populaire achève le bonhomme.

Voilà encore un roman ancré dans son époque qu’écrit Abel Quentin: après la radicalisation dans “Sœur”, le shaming et le lynchage médiatique.

Ce second roman a une intelligence littéraire remarquable, le propos est fouillé pour nous amener à réfléchir à cette époque trouble dans laquelle nous vivons. Une époque qui manque de nuances et de doutes.
Et justement, des nuances il y en a dans ce roman, qui, sans prendre parti, offre une plaidoirie extrêmement riche.

Il faut tout de même s’accrocher pour le lire: l’intrigue ne démarre qu’au bout de 140 pages, les digressions sont fréquentes et souvent sans intérêt, certaines redondances sont lassantes.

Un goût de too much donc, mais un bon roman tout de même, très bien écrit.

Vote: abstention.

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