« Le quatrième mur », Sorj Chalandon, 2013, Grasset

Dernière lecture pour ce mois de la littérature libanaise.

Je tenais absolument à relire ce roman qui m’avait profondément marquée il y a quelques années.

Georges prend le relai de son ami mourant pour monter l’Antigone d’Anouilh à Beyrouth en pleine guerre civile, en 1982.

Tout est plus clair bien sûr après avoir lu plusieurs ouvrages sur le Liban.

Tout est encore plus douloureux quand on sait depuis combien de temps dure leur cauchemar et combien de temps il va durer encore.

Tout est plus révoltant surtout quand on sait que ces massacres et cet enfer ne sont décidés que par une poignée d’hommes dont les valeurs patriarcales et religieuses importent plus que la vie humaine.

Enfin tout est plus décourageant quand on sait quel nœud de vipères est cette région du monde, où le Liban n’apparait finalement qu’à la taille d’une tête d’épingle, entouré de ces géants criminels.

Alors oui, dans ce contexte sans lendemain, pourquoi ne pas faire une trêve de deux heures pour laisser parler Créon, Antigone et Hémon?

Ce roman c’est un souffle de vie et de mort à la fois. C’est un récit d’une fulgurante violence, où chaque personnage est campé avec charisme en quelques phrases. Le style est vif, les phrases courtes, l’accumulation donne une sensation d’urgence à chaque page. Les yeux courent sur les lignes et on ne peut que tourner la page suivante, entamer le chapitre suivant, s’enfoncer dans le drame suivant.

Car oui, à l’image d’Antigone, nous sommes dans une tragédie, une vraie. Et pour une fois, la phrase « Vous n’en sortirez pas indemne » prend tout son sens.

Ce livre, c’est le talent d’un conteur dans toute sa splendeur.

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