« La vie sauvage », Thomas Gunzig, 2017, Au diable Vauvert

Charles vient de passer 16 ans dans la jungle africaine: il a été sauvé bébé par Cul-nu, après un crash d’avion dont il était le seul rescapé. Celui-ci l’a élevé et aimé. Retrouvé par hasard, il accepte plutôt facilement d’être rapatrié dans la vie civilisée des blancs.

Il dévoile doucement son histoire, ses 16 ans d’Afrique, les combats pour la survie, l’éducation littéraire et poétique par son père adoptif rentrée à coup de bâton, l’amour de sa vie qu’il a été obligé d’abandonner, seul îlot de tendresse dans cette Afrique d’une violence extrême qui fait grandir les enfants trop vite.

Mais si Charles accepte si volontiers ce déracinement, cette rupture forcée d’avec Septembre, c’est qu’il a un plan, un plan machiavélique, pour la retrouver et les mettre tous les deux à l’abri.

Pour ça, il devra haïr, duper, aiguiser son jugement hors du commun et user de son pouvoir de séduction diabolique.

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Un récit et une plume addictive: le ton est abrasif, l’écriture splendide.

L’auteur joue avec les mots et les métaphores habilement, s’amuse avec les caricatures et les clichés distillés au vitriol sur une société européenne plus sauvage que la jungle africaine.

Il faut accepter le non crédible du début pour adhérer à l’histoire, puis comprendre pas à pas le cerveau de Charles, pour qu’à la fin tout s’éclaire.

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Si vous n’aimez pas la romance à l’eau de rose, lisez ce roman, régalez-vous de cette plume, de son sarcasme au papier de verre et faites tourner l’info: on n’a pas assez vu ce roman sur les blogs!

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