«La vérité sort de la bouche du cheval», Meryem Alaoui, 2018, Gallimard

Amis de la poésie, les beaux mots et des personnages romantiques, passez votre chemin… cette histoire n’est pas pour vous.

Les autres, suivez-moi, on va faire un tour à Casablanca !

Moi c’est Emmanuelle, ancienne petite bourgeoise parisienne, actuelle petite bourgeoise dinannaise, et ça n’a pas été facile de rester aux côtés de Jmiaa qui tapine sur les trottoirs de Casablanca. Jmiaa est paumée, vulgaire, inintéressante, pathétique, mauvaise mère, amoureuse des mecs les plus pitoyables que l’on puisse rencontrer.

Je me suis accrochée à ma patience qui deviendra un jour légendaire. J’ai appris à connaitre Jmiaa, j’ai fini par tolérer son langage « châtié », j’ai regardé d’un autre œil ses formes grotesques, j’ai essayé de comprendre les misères affective, éducative et financière dont elle est prisonnière.

La petite bourgeoise que je suis, dans son petit paradis occidental, a gratté la croûte répugnante de ce Maroc populaire pour découvrir une femme, une vraie, futée, butée, débrouillarde qui sait finalement aussi bien manipuler la vie que celle-ci la manipule.

Cette Jmiaa, je m’y suis attachée, et j’en veux un peu à « Bouche de cheval » d’avoir compris avant moi à quel point elle est précieuse dans sa fange. Parce que « bouche de cheval » a tout compris depuis le début et qu’elle sait que personne ne jouera mieux le rôle de Jmiaa que Jmiaa elle-même dans son prochain film sur ces personnages hauts en couleur de Casablanca.

J’ai fermé ce livre avec un sourire en coin qui voulait dire : « Merci de m’avoir fait côtoyer Jmiaa ! »

Qu'en dites vous ?

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