“Là où les chiens aboient par la queue”, Estelle-Sarah Bulle, 2018, Liana Levi

Début des années 50, Antoine grandit à Morne-Gallant, coin sauvage de la Guadeloupe, dans un dénuement assez complet. Dénuement tant affectif que financier. Sa mère doit trimer pour survivre, son père est un doux profiteur, ses petits frère et sœur poussent tout seul.

À 16 ans, elle quitte ce coin désœuvré pour la ruche qu’est Pointe-à-Pitre et, moins de 10 ans après, ouvre un petit commerce.

Qu’est-ce qui l’amènera, à la veille des années 70, au pied de la Butte Montmartre? Pourquoi les Antillais ont-ils quitté leurs îles magnifiques pour s’exiler en métropole?

Ce roman, mené comme une enquête par la nièce d’Antoine, est une plongée dans la Guadeloupe trouble et bigarrée de la deuxième moitié du XXe siècle.
S’y côtoient noir.es, cooli.es, béké.es, métis, sous tension, dans une île en pleine mutation, piétinée par quatre siècles d’esclavage et de domination blanche.

La plume est superbe, engagée, historique, les sens sont en éveil, les personnages sont d’une authenticité troublante.

Je viens de voir la Guadeloupe comme jamais je ne pourrais la voir et j’ai adoré, quittant Antoine, Petit-Frère, Lucinde et Hilaire avec tristesse.

Je recommande, je recommande, je recommande!

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