«Imago», Cyril Dion, 2017, Actes Sud

C’est complètement à l’aveugle que j’ai choisi ce premier roman de Cyril Dion dont je connaissais vaguement l’engagement pour la planète à travers le documentaire «Demain». J’ai très vite compris que je sortais de ma zone de confort quand je me suis retrouvée en plein conflit dans la bande de Gaza, et c’est avec un «oh non» que j’ai continué ma lecture.

Je me suis accrochée à une plume superbe pendant toute la première partie (les deux premières pages sont atrocement majestueuses), ne comprenant pas grand-chose à l’histoire, mais comprenant que Cyril Dion campait son décor et ses personnages… j’ai souvent eu de belles surprises quand des auteurs procèdent ainsi. Ma patience (pas si insoutenable grâce l’écriture) a été récompensée à partir de la deuxième partie.

J’ai suivi avec affection Nadr, le poète palestinien pacifiste, parti sur les traces de son frère Khalil, chargé de haine, future bombe humaine en route pour la France.

J’ai suivi avec dégout Fernando Clerc, fonctionnaire méprisant et calculateur d’un Fonds européen, qui décide quel pays «misérable» aura droit ou non à l’aumône des pays occidentaux.

J’ai suivi Amandine, cette maman déchirée, qui explique pourquoi elle s’est coupée du monde, après avoir vécu plusieurs vies qui l’ont brisées.

Ces quatre personnages, prisonniers de leur vie, vont évoluer sous nos yeux jusqu’à leur «imago».

Je n’ai jamais rien compris à ce conflit israélo-palestinien, sûrement parce que l’absurde est incompréhensible: laisser massacrer des Juifs par Hitler; leur offrir une terre qui ne nous appartient pas pour nous excuser; chasser les habitants palestiniens de cette terre; faire passer les Palestiniens pour des monstres parce qu’ils s’en prennent aux Juifs; accuser finalement les Juifs de faire subir l’horreur aux Palestiniens…

J’ai trouvé dans ce roman une phrase, prononcée par le président palestinien à notre fonctionnaire hautain, qui donne à réfléchir quand on joue aux apprentis sorciers: «Notre guerre est votre guerre […]Vous avez apporté cette guerre dans notre pays, dans notre région, il y plus d’un demi-siècle, et désormais elle est retournée chez elle, sur votre sol.»

À lire !

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