“Il est des hommes qui se perdront toujours”, Rebecca Lighieri, 2020, P.O.L.

Trois enfants qui vivent dans la peur des coups et des humiliations. Trois enfants qui n’ont qu’eux pour croire encore un peu à la vie. Trois enfants que le père aura tué malgré tout.

Karel, Hendricka et Mohand grandissent dans les quartiers nords de Marseille, entre misère, odeur de pisse et drogue.
Ils trouveront une forme de salut, sorte de bouée de sauvetage, dans le camp de Gitans installé à quelques encablures de leur cité.
Mais de retour à la maison, l’innommable reprend. D’ailleurs ils ne le nommeront jamais, n’en parleront à personne, en auront même honte. Parce qu’être des enfants battus, qui se terrent et se soumettent, c’est une honte.

Il va falloir sortir de cette enfance, fuir, entrer dans l’âge et la vie adultes au plus vite, quitte à laisser le plus jeune frère, Mohand, aux mains du père tortionnaire, sous les yeux de la mère atone.

Qu’à cela ne tienne, Karel et Hendricka se jettent dans la vie, avec le peu qu’ils ont appris et s’accrochent à tout ce qui pourra leur faire oublier leur 16 ans de calvaire.

Mais le prix de cette fuite sera élevé.

Voilà! J’ai trouvé une quatrième autrice française que j’adore et qui me correspond. J’ai autant aimé celui-ci qu’Arcadie (écrit sous son nom Emmanuelle Bayamack-Tam). J’ai hâte de découvrir ses autres livres.

J’ai dévoré ce roman d’une justesse déchirante, cette plongée dans le gouffre de la misère dont j’ai si souvent été spectatrice, impuissante.

Qui parle au nom des enfants? Qui se bat pour eux? Quelles sont les assos connues vers lesquels affluent les dons pour leur venir en aide? Rien! Keudale! Les enfants sont les grands oubliés de tous nos combats, parce qu’en France, la famille on n’y touche pas. La porte fermée, les parents font ce qu’ils veulent. La vie privée a plus d’importance que la santé des gosses.

La littérature est là pour nous rappeler nos manquements.

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