«Et ne reste que des cendres», Oya Baydar, 2015 (2000 en turc), Éditions Phébus

Arın Murat, diplomate turc, est assassiné en plein Paris. Ülkü Öztürk, journaliste d’origine turque doit l’identifier.

Ülkü est une jeune femme libre et intelligente dans la Turquie des années 70. De milieu modeste, elle réussit de brillantes études littéraires.

En parallèle, elle vit une histoire d’amour passionnée avec Arın, un jeune homme issu de la haute bourgeoisie stambouliote. Il est promis à un important avenir dans les hautes fonctions de l’État et pour sa famille, Ülkü ne peut en aucun cas faire partie du décor.

Chacun part dans deux directions différentes.
L’une va s’engager bien malgré elle dans la lutte ouvrière, être emprisonnée et torturée, se cacher, s’exiler…
L’autre va participer sans le vouloir vraiment à cet État particulièrement répressif et de plus en plus dictatorial.

De l’histoire d’amour d’Erım et Ülkü jusqu’à la fin des années 90, Oya Baydar déroule le fil de l’histoire de ce couple impossible à travers l’histoire de cette jeune Turquie qui ne sait que grandir dans la violence et la répression jusqu’à l’assassinat d’Erın et l’après.

L’autrice développe avec minutie et exigence les mouvements communistes des années 60 à 80 jusqu’à leur effondrement en même temps que l’URSS.

De ces trente années de luttes ouvrières pour les pauvres et les exploités, ne reste que des cendres. Des cendres brûlantes, avec les corps calcinés de tous ces hommes et femmes écrasés par la prison et la torture, brisés par l’exil.

La plume d’Oya Baydar est fabuleuse, littéraire et fluide, mais le contenu est exigeant. L’autrice a choisi d’être très précise quant aux années communistes cassant régulièrement l’élan romanesque de l’histoire.
Mais l’ensemble finit par prendre un sens important car si je n’ai pas retenu le quart des groupuscules politiques de l’époque, j’en ressors avec une impression de complexité extrême, complexité qui reflète et explique parfaitement la difficulté pour la Turquie de trouver une stabilité et de connaître une paix.

Une autrice donc à lire en se préparant à l’exigence du contenu.

Fabuleuse découverte du Printemps de la littérature turque.

Trad Valérie Gay-Aksoy

1 comments On «Et ne reste que des cendres», Oya Baydar, 2015 (2000 en turc), Éditions Phébus

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