« Est-ce ainsi que les hommes jugent », Mathieu Menegaux, 2018, Grasset

Claire, 12 ans, voit sa vie s’effondrer quand son père est assassiné sous ses yeux alors qu’il voulait la sortir des griffes d’un pervers sexuel.

Trois ans plus tard, 6 heures du matin, la police fait irruption chez Gustavo, Sophie et leurs deux enfants… perquisition, garde à vue, humiliation, injustice, doute. La vindicte s’installe, policière d’abord, populaire ensuite.

Portraits de flics un peu clichés. Mais… Excellente personnalité de Sophie, forte, vraie, entière. Mais… Des incohérences juridiques. Mais… Les pensées de Santiago fouillées, décortiquées habilement. Mais… Un dénouement de l’enquête trop facile. Mais… Des sentiments qui s’affrontent, s’unissent, explosent…

J’ai traversé cette lecture bringuebalée entre « mouais » et « génial », et au final, qu’en reste-t-il?

Un auteur qui aurait peut-être pu travailler son contexte policier avec un peu moins de facilités mais dont l’objectif n’était sûrement pas là: il nous fait entrer dans la tête de ses personnages avec cette subtilité qui lui est propre; on a envie de leur dire « non », leur dire « oui », les encourager, les plaindre, les serrer dans les bras, les secouer.

En fait on EST les personnages: j’ai été Sophie; Monsieur Carpenter a été Gustavo; puis l’inverse. Et là on réfléchit: à l’indispensable horreur d’une garde à vue, à l’éventuelle erreur judiciaire, au jugement populaire avant tout procès.

Donc ce qu’il est reste, c’est un « page turner » efficace, une psychologie des personnages « encore » très bien travaillée et un roman que l’on referme avec l’impression qu’on a pris un coup de poing dans la figure.

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Mention spéciale pour Monsieur Carpenter qui, venant de lire ce roman, m’a lu la dédicace: « À ma mère qui m’a donné l’amour des livres… Moi si je savais écrire ce serait À ma femme qui m’a donné le gout des livres » (c’est pas adorable ça?!).

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