« Éden », Monica Sabolo, 2019, Gallimard

Je parle rarement des livres que je n’aime pas sur le blog. Je m’intéresse de près au Prix du livre Inter 2020. Éden fait partie de la sélection (à retrouver ici). Voici donc mon avis. Quand je n’aime pas, je photographie le livre à l’envers. Petite manie…

Nita, amérindienne de 15 ans, s’ennuie ferme dans son adolescence, entourée de garçons qui se la pètent, de méchants blancs qui détruisent la forêt de ses ancêtres et de sa mère qu’est vraiment qu’une paumée! Elle est bien décidée à se tirer de là un jour…

En attendant, elle zone dans la sombre forêt, au milieu des esprits, des bruits et de la peur qui suinte, en faisant de l’autostop la nuit pour aller dans ce bar glauque fréquenté par tous les sales types du coin qui aiment tripatouiller les filles.

Ça met du piquant dans la vie des gamines de 15 ans ça non? Non c’est vrai. À 15 ans on traine pas dans les forêts sombres et dans les bars glauques. Mais c’est vendeur, avouez!

Attendez, il y a plus vendeur!…

Dans cette forêt sombre et dans ce bar glauque, les filles sont habillées avec trois morceaux de tissu, elles sont belles et sexy, fortes, et comme les hommes du coin sont tous des phallocrates, ben forcément, il y en a une qui se fait violer.

Alors…? je vous avais dit que ça allait devenir trépidant!

Toute cette histoire qui met 150 pages à s’installer se résout en 2 misérables pages, on l’englobe dans un vocabulaire hautement dramatique (je veux bien admettre ici que Monica Sabolo sait créer des ambiances), des personnages revêches, des esprits qui n’en sont pas, une forêt personnifiée, des papas à coté de leurs pompes, des flics misogynes, et on obtient une histoire d’une platitude exemplaire qui surfe sur des sujets bien actuels, des clivages manichéens (blancs/amérindiens, ville/campagne, homme/femme, mère/père, ado/adultes, forêt/déforestation) sans être un page turner.

Ce roman m’est tombé des mains une bonne dizaine de fois.

Je suis allée au bout en espérant un feu d’artifice final. Je n’y ai trouvé qu’un pétard mouillé. Pftttt qu’il a fait sous mes yeux… Pfffff que j’ai fait en passant vite au suivant .

Sabolo, Benameur, Coulon… j’ai mon trio de tête dans l’écriture que je fuis.

Enfin, quand même, bravo mesdames pour votre célébrité, vos lecteurs, vos éditeurs de prestige: je ne m’inquiète pas pour vous.

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3 comments On « Éden », Monica Sabolo, 2019, Gallimard

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