«Diên Biên Phù», Marc Alexandre Oho Bambe, 2018, Sabine Wespieser

Si j’étais un premier roman, je voudrais être celui de Marc Alexandre Oho Bambe parce qu’il réunit tout ce que l’on peut donner à un premier roman : écriture magnifique, invitation au voyage, amour fou, amitié unique, poésie, message, style moderne.

Si j’étais Ministre de l’Éducation Nationale, je ferais un décret pour que ce roman soit étudié au lycée (oui, oui, malgré les scènes érotiques ; nos 15/18 ne sont pas des enfants de cœur).

Si j’étais la France, j’aurais honte de ce que j’ai fait subir à mes colonies, à mes soldats et à tous ces hommes et femmes bafoués, pillés, puis abandonnés.

Si j’étais Alexandre, non… je ne pourrais pas être Alexandre, qui doit choisir entre vivre sa vie et tuer celle de ses enfants qu’il abandonne ; sorte de « Choix de Sophie moderne », qui fait mal à la mère que je suis mais que je comprends et envie.

Si j’étais Africaine, je voudrais vivre dans la tribu sénégalaise de Diop et le rencontrer, écouter sa sagesse, son amour pour l’humain, avoir la force de son combat pour l’indépendance, être son amie, comme il est celui d’Alexandre.

Si j’étais une femme, je voudrais être aimée comme Maï Lan par Alexandre, sans limite, sans frontière, sans fin.

Si j’étais un homme, je voudrais aimer une femme avec la force d’Alexandre.

Si j’étais une table de nuit, je voudrais abriter ce livre encore longtemps, pour que le lecteur s’y replonge de temps à autre, en revivant les mots, les phrases, les poèmes et les émotions.

Si j’étais une larme, je voudrais couler pour la beauté de ce texte si émouvant, qui sonne parfois comme un slam, parfois comme un poème de René Char mais avec la plume de Marc Alexandre Oho Bambe.

Si j’étais lecteur, je lirais ce livre avalé par d’autres lecteurs en quelques heures, avec sa prose musicale sur fond de guerre d’Indochine, mais pas que…

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