« De lait et de miel », Jean Mattern, 2010, Sabine Wespieser

Il y a urgence, il meurt. Il demande à son fils Gabriel, de retrouver Stefan son ami d’enfance, une enfance d’avant-guerre à Temesvar en Roumanie.

À partir de là, il déroule son histoire, sa rencontre avec sa femme Zsuzsanna Hongroise exilée suite à la révolution manquée de Budapest en 56.

Il raconte la perte de leur fille ainée et cette vie qu’il a fallu faire semblant de vivre.

Il raconte son exil en 44, la peur, le froid, la faim, fuyant l’armée Russe, dangereusement proche.

Il raconte cette épouse qu’il s’est forcée à aimer alors que leur seul point commun était l’arrachement à leurs racines, le besoin de construire un bonheur simple, banal, d’une douceur de lait et de miel, après l’âpreté de cette course pour leur survie.

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Les événements, les histoires se chevauchent, on se croit perdu, jeté d’une date à l’autre, d’un exil à l’autre, d’un pays à un autre; puis finalement tout s’emboite habilement, les liens se créent et on comprend pourquoi cette urgence de retrouver Stefan, l’ami de l’enfance heureuse et de l’au-revoir trop rapide.

Une plume magnifique et une histoire de 130 pages qui donne l’impression, tant elle est dense et riche, d’en faire 300.

Jean Mattern est décidément un auteur que j’aime. Et si vous n’avez pas encore lu « Le bleu du lac« , mais qu’attendez-vous?!

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