« Confidences d’une emmerdeuse », Hélène de Montaigu, 2018, Librinova

Zénaïde est la dernière née d’une famille de six enfants de la petite bourgeoisie provinciale, déjà comblée de quatre garçons et une fille.

Cette place dans la fratrie lui confère un statut particulier: la fille chérie de son papa; un poids pour sa maman qui, finalement, aurait peut-être dû s’arrêter à cinq; la petite sœur pourrie gâtée pour les aînés. Les tensions sont sévères dans cette fratrie que les parents n’a pas su unir, où être équipé de burnes impose plus de respect que porter des jupes et où chacun a bien du mal à donner un peu d’amour.

Zénaïde trouve finalement l’Amour auprès de Georges, un homme aimant et solide, issu également d’une famille très nombreuse. Mais contrairement aux apparences, l’amour, dans cette belle-famille, ne répond pas à la définition que s’en font Georges et Zénaïde.

Il leur faut faire des choix, encaisser, raisonner clan et pensée unique, ou crever l’abcès et préserver leur petite cellule familiale en s’entourant d’amis choisis.

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Dans ce récit, aux airs autobiographiques, Hélène de Montaigu trace un portrait de famille à la vitesse d’un cheval au galop: il y a autant urgence à raconter que d’en finir. Une fois noir sur blanc, cette page pourrait enfin être tournée.

L’auteure ne s’embarrasse pas de détails superflus autour de la vie de Zénaïde et va droit au but: il s’agit de dévoiler la médiocrité humaine de ces deux familles, en mettant dans la balance émotionnelle affection et argent, amour et façade, loyauté et supériorité.

Et que dit-on d’une femme qui exprime ce qu’elle pense? Hé bien que c’est une emmerdeuse. C’est même elle l’emmerdeuse quand son mari émet une opinion!

J’ai envie de dire à Zénaïde, Non, tu n’es pas une emmerdeuse, tu n’es juste pas une fougère; mais comme tu as du avoir mal…

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Je me suis régalée de cette lecture, tant grâce à la plume d’Hélène de Montaigu que du ton sucré-acide donné au récit: il est cinglant, certes, mais on y sent tout l’amour d’une mère, d’une fille, d’une femme.

Qu'en dites vous ?

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