« Clouer l’ouest », Séverine Chevalier, 2019, La manufacture des livres

Vingt ans que Karl a fuis. Vingt ans que le plateau des Millevaches est le souvenir d’un passé douloureux. Un passé dans lequel il a fait du mal au frère, abandonné la mère, haï le père.

Mais c’est une nouvelle fuite qui va obliger Karl à revenir parmi les siens, dans des vies où plus personne ne l’attend. Chacun s’est accommodé de ses douleurs en dressant des cloisons opaques, floutées au fatalisme.

En arrivant avec ses besoins urgents et sa puce de cinq ans, mutique, dans ce paysage noir enneigé, hanté par une bête blessée qui rôde, Karl va raviver les secrets du passé qu’hommes et femmes se trainent dans une routine malsaine.

Je ne sais pas comment Séverine Chevalier fait pour écrire comme ça. C’est à la fois incisif et poétique, énigmatique et cinématographique. On a une impression de non-dits permanents, et pourtant, avec ses phrases parfois courtes, non verbales, ses italiques, ses pages de mots posés là, ses métaphores subtiles… Séverine Chevalier m’a complètement embarquée dans son histoire. J’ai suivi Karl dans son passé et dans son présent, j’ai aimé le lien qui se crée entre cette petite fille mutique et ce frère taiseux, qui se comprennent dans leur silence. J’ai aimé cette noirceur sans facilité, ce drame sur fond de ruralité et d’humanité.

J’ai aimé ce roman, tout simplement. Et avec tout autant de simplicité, je vous le conseille.

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