« Augustus Carp », Henry Howarth Bashford, 1924, L’arbre vengeur

Augustus Carp est le parfait connard, le comble de la bienpensance, la démesure puritaine, le bigot puant et méchant.

Mais Augustus Carp, en écrivant sa biographie, est bien le seul à ne pas s’apercevoir que sa malveillance pudibonde fait de lui le « con suprême » de la petite bourgeoise bigote (il a depuis été détrôné par Donal Trump).

Il met, grâce à la bonne éducation de son père, sa mère en esclavage, qui va jusqu’à lui ôter les chaussures le soir quand il rentre – oui mais les femmes sont là pour servir l’homme.

Il fait du chantage à une femme adultère pour obtenir du travail auprès de son mari – oui mais elle est adultère, avec le frère du dit mari qui plus est!

Il fait renvoyer de son emploi un homme ivre, père de trois enfants, dont la femme est handicapée, et lui vole son poste de chef de magasin – oui mais il était ivre, et sur la voie publique!

Tout ceci sous couvert d’une foi infaillible, autoproclamé rédempteur des masses, sauveur des âmes perdues dans une société de plus en plus corrompue par les vices du tabac, de l’alcool, du théâtre, du sexe et du juron.

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Ce roman emprunte tous les codes de l’autobiographie afin de faire une critique acerbe de la petite bourgeoisie qui entoure l’auteur à cette époque. Sauf que cet auteur, n’est autre que le médecin personnel du roi Georges VI. Il sera même fait lord par la reine d’Angleterre!

C’est son unique œuvre, écrite sous un nom d’emprunt. Il faudra attendre 1965, après sa mort, pour que sa fille révèle l’identité de cet humoriste caché.

Les anglais se sont arrachés ce livre: il est encore aujourd’hui une référence en matière d’humour anglais et de critique de la bourgeoisie bien-pensante.

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Même si ce ne fut pas une lecture aisée compte tenu du délicieux niveau de langue de cette époque, je me suis régalée de cette satyre, délectée de cet hypocrite pudibond et grâce au challenge « Varions les éditions » je découvre une pure pépite, ou une pépite pure!

Bravo L’arbre vengeur pour cette édition!

NB: Carp n’aurait pas aimé pas aimé les Carpenters…

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