«À crier dans les ruines», Alexandra Koszelyk, RL2019, Aux forges de Vulcain

Ce roman c’est l’histoire d’une déracinée, qui fera sûrement écho à tous les déracinés de la Terre, obligés de fuir une guerre, une catastrophe naturelle, un holocauste, une mort certaine…

Cette déracinée c’est Léna, heureuse et insouciante gamine dans son Ukraine natale, partagée entre son amour pour les livres et son amitié pour Ivan. Une amitié qui à l’adolescence se transforme en amour, comme une évidence.

Mais en moins d’une heure, son paradis soviétique s’effondre, car Léna vit à quelques kilomètres de la centrale de Tchernobyl. Un de ses réacteurs, sans aucune considération pour toute vie alentour, vient d’exploser et de vomir ses radiations sur Hommes, bêtes et nature.

La fuite s’impose, mais c’est une fuite auréolée de non-dits, de préméditation et de mensonges.

Léna recevra comme injonction de s’intégrer et d’être heureuse, en France, terre d’accueil c’est bien connu… Mais à 13 ans, à l’âge du doute et de la recherche de soi, comment trouver une identité et planter des racines ? Et Ivan, dont on lui martèle qu’il est mort, comment le rayer de la carte comme ses parents ont rayé l’Ukraine ?

Le retour aux sources, à la terre, à la « zone » est indispensable.

J’ai aimé la construction du récit, ce personnage dont on saisit progressivement la détresse du déracinement sans mélodrame, et la plume évocatrice d’Alexandra Koszelyk qui sait raconter des histoires.

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